Pour recevoir des news
E-mail:
Sondage: Métier d'indépendant
Quel métier d'indépendant exercez-vous ?


| | Journal du teletravail - Travail a domicile | Actualité | France | Affaire de Filippis: une manoeuvre d'intimidation de la presse?



Affaire de Filippis: une manoeuvre d'intimidation de la presse?

Taille de la police: Decrease font Enlarge font

Après l’interpellation de l’ancien directeur de Libération Vittorio de Filippis, les magistrats s’interrogent : pour le Syndicat de la Magistrature, ces excès sont le fruit d’un climat liberticide rampant tandis que l’USM y voit un symptôme des maux de la police française.

Depuis qu’il a été interpellé à son domicile vendredi 28 novembre au matin, l’ancien directeur de Libération Vittorio de Filippis a rallié à sa cause les journalistes, les députés, les associations… mais pas encore les magistrats ! Pourtant, du point de vue des professionnels de la justice, si l’affaire est vue sous un angle plus technique, elle n'en est pas moins inquiétante. Pour le Syndicat de la Magistrature (SM, plutôt à gauche), le Code de procédure pénale en prend un coup : « les textes précisent que les mesures de contrainte doivent être proportionnées aux nécessités de la procédure, rappelle Laurence Mollaret, vice-présidente du syndicat. Or là, il s’agit d’une audition pour comparution dans une banale affaire de diffamation. Le menottage et la fouille au corps relèvent plus des criminels de droit commun ! »

Un « climat » propice aux excès
La lecture politique apparaît évidente pour la vice-présidente du syndicat : « En plein débat sur la loi sur la protection des sources, il est facile d’y voir une manœuvre d’intimidation. Depuis 2001, nous avons assisté à un tournant sécuritaire, notamment avec la mise en place de la politique du chiffre qui incite fortement au menottage, au recours à la garde à vue, etc. »


A l’Union syndical des magistrats (USM, plutôt de centre-droit), on ne comprend pas la polémique : « le mandat d’amener a été délivré car M. de Filippis n’a pas déféré après trois demandes, rappelle Christophe Régnard, président du syndicat. Le juge d’instruction donne un document avec une date, une heure et un lieu où le justiciable doit être présenté, que le greffier faxe à la gendarmerie : le reste de la procédure est entre les mains des forces de l’ordre. »

Des institutions et un débat judiciaires vétustes
La fouille au corps se justifie selon lui par « des impératifs pratiques » : « certains policiers ont été mis en cause car des personnes déférées s’étaient pendues avec leur lacet, ils prennent leurs précautions, » explique-t-il. Ayant rencontré la juge d’instruction, Muriel Josié, il soutient par ailleurs que  le récit de l’ancien directeur de Libération n’est que peu conforme au procès verbal de la police.

L’affaire n’est cependant pas anodine pour le président de l'USM : « les policiers agissent en fonction de leurs impératifs pratiques : le dépôt de Paris n’est pas digne d’un pays civilisé. » Pour le blogueur et avocat maître Eolas, cette affaire aura au moins le mérite de braquer les projecteurs sur l’exercice réel de la justice en France : « tout ce que M. de Filippis raconte m'a déjà été raconté par des clients, que ce soit des abonnés des comparutions ou des gens tout à fait insérés qui un jour ont eu le malheur de prendre de haut un policier qui n'était pas dans un bon jour», explique-t-il. Et de conclure : «Bienvenue dans le quotidien du pénal. ». Le débat sur la procédure promis par le président de la République aurait-il de l’avenir ? Christophe Régnard n’y croît guère : « voilà vingt ans qu’on en parle, quinze rapports ont été rendus et autant de lois rédigées, rappelle-t-il. Et aujourd’hui, on se pose encore les mêmes questions. »

Ajouter à: Add to your del.icio.us del.icio.us | Digg this story Digg

Commentaires (0 posté):

Postez votre commentaire comment


  • email Envoyer par email à un ami
  • print Version imprimable
  • Plain text
Notes
Pas de note pour cet article
Estimez cet article
0