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La gauche radicale se sent le vent en poupe

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Entre la brouille entre écolos, la panade dans laquelle se trouvent les socialistes, la situation européenne, les dirigeants de "l'autre gauche" pensent que leur moment est venu. Premier test ? Aux régionales...

« Quel beau “Remue-méninges” nous avons eu, avec une ambiance extrêmement loin de La Rochelle, ses procès et les gifles qui l’ont traversés », lance Danielle Simonnet, coordinatrice politique du Parti de gauche, devant un amphi comble de l’Université du Mirail, avant le discours très attendu de Jean-Luc Mélenchon. Effet garanti, la salle répond immédiatement par des applaudissements très nourris.

En cette matinée de conclusion de ces trois jours d’université d’été, les organisateurs affichent leur entière satisfaction. La table ronde sur les prochaines régionales a tout de la belle photo de famille réunissant une bonne partie des représentants de la gauche radicale dans sa diversité. Sur l’estrade, il y a Nouvelle donne, le PCF, EELV, le PG évidemment et de la Nouvelle gauche socialiste de Liêm Hoang Ngoc qui a claqué la porte du PS il y a quelques mois. Et le débat s’est déroulé sans encombre. Mieux, ce fut une heure entière de calinothérapie durant laquelle les intervenants, malgré certaines incertitudes sur la stratégie, se sont lancés des fleurs et des mots doux au visage. Une table ronde suivie du discours de clôture d’un Jean-Luc Mélenchon plus en forme que jamais qui, on le sent, développe déjà ses thématiques en vue de 2017. 

« Les régionales pour nous sont absolument décisives (…) et la situation est meilleure qu’il y a quelques mois », rappelle Eric Coquerel, en introduction des discussions. Et pour éviter le moindre malentendu, « au service du rassemblement citoyen, nous voulons une addition et non une soustraction. » Un message clair et direct à destination du PCF pour éviter que les communistes ne redoutent que ce nouvel élargissement — qui dépasse les frontières traditionnelles du Front de gauche — ne signifie un effacement de leur place de partenaire privilégié.

Une clarification martelée à plusieurs reprises tout au long de cette matinée, reprise par Jean-Luc Mélenchon lui-même durant son intervention : « Je ne suis pas d’accord pour que l’avancée de l’opposition de gauche se fasse en abandonnant certains de ses ouvriers les plus actifs, les communistes, que l’on ostracise les communistes. » Et de prendre leur défense face aux critiques de certains écolos : « Ce n’est pas vrai et ce n’est pas acceptable de faire la caricature des communistes qui seraient emmurés dans leurs convictions », au sujet des hésitations du PCF sur le nucléaire. Une défense des communistes qui en dit long sur le sentiment du PG d’être en position de force par rapport à son partenaire historique du Front de gauche dans cette séquence de préparation des régionales. Des craintes qu’exprimera Marie-Pierre Vieu, cadre du PCF, lors des échanges. Celle-ci, tout en insistant sur l’espoir suscité par la dynamique (« Je crois vraiment à ce rassemblement citoyen ») n'a pas hésité à rappeler à l’auditoire qu’« il y a eu, à un certain moment, un certain nombre de rassemblements qui se sont construits en isolant le Parti communiste ». 

Au tour de Liêm Hoang Ngoc, ex-PS de recevoir sa dose de câlins. Introduit par Eric Coquerel (« On est très content de t’accueillir, tu es un ami, un camarade ») cet ancien proche de Benoît Hamon, fondateur de la Nouvelle gauche socialiste, malgré quelques petites escarmouches militantes lors de précédent débats, se paie rapidement les faveurs de la salle en lançant : « C’était bien plus sympathique d’être ici qu’à La Rochelle... » La salle commence à pouffer. « En plus, ils ont renoué avec le châtiment corporel, c’est vraiment des réacs », plaisante-t-il pour le plus grand bonheur des militants. Et de finir : « Ils auraient mieux fait de l’appliquer à Macron. » Rire général.

L’ancien député européen synthétise ensuite ce que tous les intervenants exprimeront tour à tour : « Il est vraiment temps de créer une coalition qui passe devant le Parti socialiste ». Et ce nouvel attelage en cours de formation de la gauche radicale croit fermement à ses chances lors des prochaines régionales, notamment pour la Région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. « Ce qui s’y passe, c’est un véritable laboratoire », insiste le récent dissident du PS. Et de lancer, pour conclure, à l’amphithéâtre qui ne lésinera pas sur ses applaudissements : « En Ile-de-France, moi j’ai envie de m’adresser à Emmanuelle Cosse et Pierre Laurent : “ Mais qu’est-ce que vous attendez ?” »

Pas de doute, ce nouveau venu, qui a pour ambition, avec la création de la Nouvelle gauche socialiste, de ramener dans les urnes tous les déçus socialistes du hollandisme, se sent comme à la maison. Au même tire que de David Cormand, secrétaire national adjoint de EELV, malmené samedi lors d’un débat à La Rochelle face à un Jean-Marie Le Guen dans l’invective, que l’on pouvait croiser dans les allées de la faculté, tout à fait à l’aise au milieu de la masse militante. 

Jean-Luc Mélenchon plus en forme que jamais Puis, c’est un Jean-Luc Mélenchon plus en forme que jamais qui se présente sur la scène, une fois le pupitre installé, et qui se charge de clore ces trois jours de débats militants. Et dès ses premières paroles, le ton est donné, fulminant contre le choix de Public Sénat de ne pas retransmettre son discours en direct : « Je ne serai pas retransmis. C'est ce qu’a décidé la chaîne socialiste du Sénat, puisque pour la première fois depuis six ans, mon discours n’est pas retransmis ». Ambiance. Mais là n’est pas l’essentiel. Durant son intervention d’une heure, l’ancien candidat à la présentielle semble déjà regarder vers 2017, et profite de l’occasion pour développer les trois axes stratégiques et idéologiques en vue de ce rendez-vous. L’Europe, la réappropriation de la souveraineté populaire par la gauche et le dépassement du Front de gauche vers une grande coalition de « l’autre gauche ». 

Sur l’Europe, les choses son claires : s’attaquer à l’hégémonie d’une Angela Merkel sur le destin de la construction européenne. « La France est un grand pays, un pays riche, même si chacun des Français n'est pas riche. (…) Le plan A, c’est le plan de la raison. Mais à chaque fois on me répond : “Que ferez-vous si les Allemands ne veulent pas ?” J’ai déjà répondu à cette question il y a un an. Si on ne peut pas les convaincre, il faut les contraindre ». Vifs applaudissements de la salle. Et de poursuivre sur la nécessité de la mise en place d’un rapport de force : « Imaginez qu’il n’y a pas de rapports de force, ça n’a pas de sens ». Sur sa lancée, il en profite pour s’attaquer à l’un des tabous au sein du Front de gauche : « Nous ne pouvons pas accepter que continue l’Europe des traités actuels. Nous voulons sortir des traités ». 

Autre échappée, sur la notion de souveraineté cette fois-ci. « L’indépendance, c’est aussi la capacité de dire non. Nous ne sommes plus une nation indépendante ». Mais pour éviter que certains ne fassent de ses mots des raccourcis trop rapides, il ajoute : « La patrie républicaine dont nous nous inspirons, a l'humanité toute entière pour objectif. Notre nation est universaliste ! ». Exit, donc, toute idée de rapprochement contre-nature entre forces politiques totalement opposées. 

Enfin, s’il précise qu’il ne prend aucunement part aux discussions entre partenaires politiques pour former cette grande coalition de « l’autre gauche », Jean-Luc Mélenchon dispense quand même quelques conseils : « Libérez les votes ! N’obligez pas les gens à porter votre casquette pour entrer dans votre cortège. (…) Notre rôle est d’être des déclencheurs de vote pas des capteurs ». En quelque sorte, ce que le Front de gauche n’a jusqu’à présent pas réussi à faire, c’est-à-dire sortir du schéma du cartel des partis. 

Après une heure de meeting, l’Internationale suivie de la Marseillaise viennent définitivement clore cette édition 2015 du Remue-méninges. Et les militants et cadres politiques, au regard de ces trois jours, repartent gonflés à bloc.

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