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Rythme de l'enfant et aménagement de la semaine scolaire

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Rythme de l'enfant et aménagement de la semaine scolaire
Intervention de Paul Bron au nom du Réseau Français des Villes Educatrices RFVE à l'occasion du colloque qui s'est déroulé Mercredi 18 Mars à Paris, à l'appel des organisations : FCPE, JPA et RFVE

"Rythmes de l'enfant : un autre aménagement est possible"


Mesdames, messieurs les acteurs de l'éducation,
Chers collègues

Je vous remercie d'avoir répondu présent à cette journée de réflexion sur l'aménagement des rythmes de l'enfant.
À l'invitation de nos trois associations, La FCPE, La Jeunesse en Plein Air, et le réseau français des villes éducatrices que je représente ici.

Après la suppression du samedi matin, la réduction à 24h de la semaine scolaire, la mise en œuvre de l'école sur 4 jours et l'introduction de 2h d'aide personnalisée par enseignants au profit des enfants en difficultés, la réflexion sur le rythme des journées de l'enfant est plus que jamais nécessaire.

Cela dit, le contexte actuel créé par les réformes entreprises par le ministre de l'éducation nous inquiète quant à l'avenir de notre école publique.
En effet, nous ne pensons pas que la plupart de ces réformes permettent réellement une amélioration de la réussite scolaire et éducative des enfants.
L'école sur 4 jours, la diminution des RASED ( réseau d'aide spécialisée aux enfants en difficultés) la suppression de 13000 postes d'enseignants, la masteurisation de la formation des maitres et la fin des IUFM, la mise en place du droit d'accueil en cas de grève sont pour l'essentiel, des mesures qui fragilisent tout autant le système éducatif que les enseignants. Elles ne portent pas un réel projet éducatif fondateur d'un renouvellement du système scolaire.

Même si l'on peut se féliciter de quelques points forts tels que l'intégration des élèves handicapés et la prise en charge du soutien scolaire, cette école, qualifiée de « nouvelle génération » ne s'est donnée les moyens que de tenter de réparer l'échec scolaire mais pas de le prévenir. Nous ne pouvons pas nous en satisfaire.



Il est nécessaire pourtant de prendre la mesure du rétrécissement du service public d'éducation engendré par cette politique.
La durée de la nouvelle semaine d'école est à ce sujet un acte symbolique. Désormais l'Etat ne propose plus à ses enfants que 4 jours d'école sur 7, et 36 semaines sur 52 dans l'année.
Comment les communes et l'ensemble des acteurs éducatifs vont-ils réinvestir ces lieux et ces temps libérés et proposer une alternative éducative cohérente, équitable et complémentaire au service public national ?


Les villes françaises depuis une vingtaine d'années, se sont investies dans une démarche éducative locale, dépassant le domaine strictement scolaire. Elles sont passées d'une simple mise en œuvre de leurs obligations légales (construction et entretien des locaux, dotations de fonctionnement) à des interventions innovatrices, voire de véritables projets éducatifs locaux, globaux et cohérents.
Cette politique modifie considérablement le rapport des villes avec l'Etat. La commune est passée du statut de prestataire de service à celui de partenaire à part entière.

D'ailleurs et à titre d'exemple, selon le dernier rapport annuel datant de 2007 que le ministère de l'éducation nationale vient de mettre en ligne et intitulé « l'état de l'école », les collectivités locales et en l'occurrence essentiellement les communes financent 40% des dépenses d'éducation du premier degré puisqu'elles prennent en charge la rémunération de personnels non enseignants (ATSEM) ainsi que les dépenses de fonctionnement et d'investissement des établissements scolaires.
Il y a dix ans ce chiffre représentait 28%.


Cette journée de réflexion s'inscrit dans un contexte favorable à un autre aménagement de la semaine.
Suite à la mise en place imposée, sans concertation, du décret du 15 Mai 2008 instaurant une nouvelle organisation de la semaine scolaire, de nombreuses municipalités ( Lille, Brest, Angers, Mulhouse, Belfort et Grenoble où je suis adjoint chargé de l'éducation) ont engagées des démarches de concertation avec les différents acteurs de l'éducation : enseignants syndicats, associations, personnels communaux et surtout, avec les parents d'élèves, premiers éducateurs de l'enfant, faut-il encore le répéter.

J'aurai l'occasion de revenir plus en détail lors de la prochaine table ronde sur la concertation que j'ai entrepris à Grenoble autour de la thématique du « rythme de l'enfant et de la famille », par laquelle j'ai invité les 7800 parents d'élèves de la ville, à venir discuter et qui doit maintenant se conclure provisoirement, par les décisions en conseil d'école au mois de Mars.

Nous pensons que la semaine de 4 jours accroit les difficultés plutôt qu'elle ne les résout :
- parce qu'elle ne respecte pas le rythme régulier des apprentissages de l'enfant,
- ni dans l'organisation de la journée à 6h de classe + 1h aide perso,
- ni dans l'organisation de la semaine avec 2 fois 2 jours entrecoupées par 2 ruptures,
- ni dans l'année ou le temps des vacances est bien trop long.

Mais je laisserai le soin, tant à Jean Jacques Hazan, et François Testut, qu'à Philippe Meyrieux et Alain Reinberg de développer un discours plus argumenté quant aux rythmes de l'enfant. Vous visionnerez d'autre part la vidéo de 14 minutes que nous avons commandée à Philippe Meyrieu et à cap Canal, autour de 7 questions que nous lui avons posées, vidéo qui introduisait toutes les réunions de parents d'élèves que nous avons organisées à Grenoble.

Cela dit, concernant le rythme de l'enfant et l'aménagement de la semaine scolaire, plusieurs pistes de réflexion se dégagent :

- Comment, réaménager les 24 h de temps d'enseignement par semaine et les 2 h hebdomadaire d'aide personnalisée, en école élémentaire et en école maternelle (ou la question ne se pose exactement de le mm façon).
Par là même comment réquisitionner le rythme des vacances sur toute l'année.
Si l'on parle du rythme de l'enfant, comment prendre en compte aussi le rythme de la famille et donc engager une réelle concertation avec les parents, les structures socio culturelles et tous les acteurs éducatifs.

- IL est nécessaire dans beaucoup de ville et plus encore en cas de réaménagement de la semaine, d'améliorer l'offre péri scolaire, tout autant pendant le temps de restauration qu'après l'école.
La profusion de l'offre éducative, après l'école surtout dans les ZEP, met en concurrence plusieurs activités : études surveillées, aide personnalisée, activités péri scolaire, aide aux devoirs, accompagnement éducatif, garderie ....autant d'activités proposées par des acteurs divers (EN, ville, associations) payantes ou gratuites, et conduites par des professionnels ou des bénévoles. Une offre débordante qu'il va falloir gérer, organiser, mutualiser pour la rendre cohérente et opérationnelle. Les villes ont un rôle majeur à jouer en partenariat avec l'inspection académique. A Grenoble comme dans la plupart des villes du Réseau Français des Villes Educatrices, une convention va fixer les règles de cette coopération.

- Faut-il réfléchir à un partage de ces temps péri scolaire avec l'éducation nationale ? Partage qui pourrait se traduire par la prise en charge par l'EN des activités de soutien scolaire. Les villes et les associations se chargeraient quant à elles des activités d'accompagnement à la scolarité : aide aux devoirs et activités culturelles et sportives.
On peut imaginer dans ce cas que les villes prennent en charge l'accompagnement éducatif ...

- Nous aurons d'autre part à reconsidérer l'utilisation des locaux scolaires et organiser leur ouverture progressive à d'autres activités et acteurs éducatif. Dans les dix prochaines années, Il nous faudra certainement repenser les bâtiments école autour d'un concept de « maisons de l'éducation » où se côtoieront aux côtés des heures d'enseignement, des activités éducatives, culturelle et sportives.

- La proximité des missions éducatives des équipements scolaires, socio culturels et des centres sociaux nécessitera certainement d'autre part, une coordination territoriale des actions éducatives, notamment autour des actions passerelles que constitue la petite enfance, l'entrée au collège et dans la vie active.

- Les villes auront à réfléchir à la constitution de réseaux d'animateurs, municipalisés ou non, qualifiés pour intervenir pendant les temps péri scolaires, la pause méridienne ou après l'école.

- Enfin je crois que le développement de l'offre éducative locale constitue une opportunité majeure pour que les mouvements d'éducation populaire et notamment les associations complémentaires de l'enseignement public, (menacées actuellement par les diminutions des postes et de subvention,) reprennent leur rôle indispensable d'aiguillon créatif et de force de proposition.

Ces pistes de réflexion et d'actions se traduisent, dans de nombreuses communes du réseau des villes éducatrices, par la mise en ouvre d'un projet éducatif local concerté, qui pour chaque commune permet de capitaliser, donner du sens et mettre en cohérence les actions éducatives de la ville ou de l'agglomération.

Permettez-moi de conclure en mettant en perspective notre travail dans un cadre plus large et de vous inviter déjà, à un prochain rendez vous.

L'enjeu des années futures est d'investir l'éducation. Il est nécessaire que chaque personne soit à même d'exprimer, d'affirmer et de développer son propre potentiel humain avec ses singularités, sa créativité et sa responsabilité, dans un cadre démocratique et solidaire.
Les villes, les associations, les professionnels de l'éducation et les parents d'élèves disposent d'un potentiel d'initiatives, de moyens d'informations, d'intervention et d'expériences qui leur permettent de mettre en place des démarches éducatrices conduisant à la formation du citoyen.

C'est l'ambition d'un prochain rendez vous auquel, le réseau des villes éducatrices, aux côtés de la FCPE, de la JPA et de nombreux autres partenaires vous invitent. Il s'agit des assises de l'éducation qui se tiendront le 6 Juin à la Mairie de Paris.

Il est temps de ne plus se laisser confiner dans les réactions ponctuelles et isolées, de ne pas accepter la remise en cause de nos politiques locales.
Nous devons prendre en compte les enjeux éducatifs de fond et le besoin de transformation de l’école, et au-delà, de l’ensemble des politiques enfance/jeunesse.
Nous devons faire des propositions qui jettent les bases d’un grand projet national pour l’éducation, pour l’enfance et la jeunesse, qui redonne espoir et mobilise ensemble tous les acteurs éducatifs.

Je vous souhaite une bonne journée de travail

Merci de votre attention




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